Miniatures

Autodafé – 2018 (55 x 40 cm)

En réalité c’est une installation haute de plusieurs mètres. Elle est constituée de véritables maisons de poupées. Cette montagne aura sa base brûlée, noircie par le feu.
Ce projet est en écho avec l’actualité des migrants qui sont chassés de leurs foyers. Car leur maison c’est la première matérialité qu’ils abandonnent ou qu’ils perdent. La maison de poupée est une projection du véritable foyer. C’est une image d’un idéal imposé aux enfants, voir un archétype, qui laisse une empreinte dans la mémoire des adultes, un engramme. On associe ce jouet au bonheur de l’enfance mais il est aussi symbole de la sécurité, de l’intimité et de la reconnaissance de la personne en tant que citoyen. D’où le rejet des personnes SDF et des personnes migrantes par nos sociétés.

Cette projection est une illusion associée au foyer. Et elle est détruite par le feu, autodafé de maisons de poupée. Les visiteurs verront les restes d’une condamnation publique d’un objet porteur d’une histoire lourde d’archétypes. L’autodafé véhicule des références chargées de sens dans notre histoire. Les livres interdits ont été brûlés car ils étaient des symboles d’une société rejetée à l’époque. Les maisons de poupées prennent cette place par rapport à l’actualité de l’Europe. La destruction par le feu illustre la situation dramatique que certains peuples vivent. Les enfants migrants renoncent à leur enfance et les adultes renoncent à leurs foyers.

Autodafé 2018 (55 x 40 cm)         Autodafé 2018 (55 x 40 cm)         Autodafé 2018 (55 x 40 cm)